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répit est de courte durée, deux ans plus tard, Maurice est de nouveau raflé avec sa famille pour
partir au camp de Bergen Belsen. A l’origine ce camp n’avait pas vocation d’extermination mais il va
le devenir. D’énormes fours crématoires virent le jour rapidement.

Les enfants de Bergen Belsen se disent privilégiés car ils sont « en vie » : un morceau de pain tous
les 3 jours et un peu de « soupe » ou de « café » = de l’eau aromatisée à l’aide d’on ne sait pas trop
quoi…

Maurice va vivre, comme les autres enfants, parmi les
corps des adultes mourant d’inanition : des corps partout,
du bruit et surtout les odeurs...les odeurs des fours
fonctionnant nuits et jours, mais aussi les odeurs de
cadavres.

Quand on ne meurt pas de faim, on meurt du typhus.

A la libération, Maurice et son frère sont recueillis par un
couple sur Paris pour « se retaper » en attendant que leur
mère gravement malade et diminuée se remette sur pieds
au sanatorium. De retour sur Paris en juin 45, Maurice et
son frère retourneront à l’école en septembre 45 !

Maurice attendra 50 ans pour pouvoir parler de ce qui lui
est arrivé, grâce notamment à l’association de Bergen Belsen qui essaie de retrouver les survivants
de ce camp.

Dernièrement Maurice est retourné sur les vestiges du camp avec son petit fils.

Les élèves de 3ème se sont montrés à
la hauteur de la personne que nous
recevions ce jour. Melle Lecieux avait
prévenu les élèves : « Vous allez
rencontrer l’histoire… » Et c’est ce que
les élèves ont ressenti : Un cours
d’histoire mais en vrai !

Calmes et intéressés, les élèves posent
les questions préparées au préalable ou
celles qui viennent comme ça, parce
qu’on ne peut pas rester insensible
devant le témoignage d’un homme qui livre une partie de son histoire…
Et quelle histoire ! La caméra de France 3 nous a accompagné durant toute la rencontre ; les élèves
n’étaient pas peu fiers (Petite dédicace à Patricia particulièrement contente de passer à la télé !)
Enfin, je tenais à remercier Maurice pour nous avoir fait l’honneur de sa présence ainsi que pour
avoir bien voulu revenir sur des évènements atroces. Je remercie également Mr Raymond Lovato,
Jocelyne Stupak et Jocelyne Lelièvre, personnes sans lesquelles cette rencontre n’aurait pas été
possible.

Clarisse Baurin – Professeur Principale 3ème

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